Alberta Pane / From VENICE with Love

B’n’B, B2B… In a reporter’s notes about anybody else, these abbreviations would most likely stand for “bed and breakfast” – as in Airbnb – or “business-to-business”, but when the person in the spotlight is Parisian gallery owner, Alberta Pane , beauty is the key: B’n’B is short for beauty’n’brains, and B2B stands for beauty-to-beauty

Born and bred in Venice, wooed and wed in Paris, Alberta gravitated from one beautiful city to another, having acquired a sense of beauty in the most natural way possible, “simply playing in the streets and campi, from a very early age”.

Today, she considers that being born-2-beauty gave her a head start as an art history student, “with a special interest in The Topology of the Stately Homes in the Marais, the subject of my graduation project.”

“Growing up in Venice is absolutely magical for a child, and I was still in high school, when I discovered the Biennale, after seeing the Futurists at the Palazzo Grassi, with my parents.”

No two ways about it, young Alberta was a precocious signorina veneziana… Barely 11 years old that summer, and already a discerning art lover, a future VIP, with a VP (Venice-Paris) connection in her stars! The curator of the Futurismo & Futurismi show was none other than former Pompidou Center director, Pontus Hulten.

Represented at key international art fairs including ARCO and ART Brussels, Pane’s Paris-based gallery reflects her passion for conceptual art with a poetic edge.

Among Alberta Pane’s first curatorial choices, mainstream Venetian artist, Michelangelo Penso, draws inspiration from scientific topics and biological structures, creating sculptures and installations, made out of industrial raw materials, encountered in warehouses, near his loft in the Porto Marghera district.

In a childhood-2-now interview conducted in French, Alberta retraces her career path for latinloverrr, within weeks of giving birth to a third Franco-Italian child.


Venise-Paris : Itinéraire d’une jeune galeriste pressée

Entretien avec ALBERTA PANE

Tu nous racontes un peu ton parcours « perso » et « pro » ?
Alors…comme tu le sais bien, je suis vénitienne, née à Venise (Venise même bien entendu !) le 20 septembre 1974. J’ai fait toute ma scolarité à Venise et je suis arrivée à Paris pour la rédaction de mon sujet de fin d’études : la naissance du quartier du Marais et la typologie des hôtels particuliers à la Renaissance…Très vite, par la suite, j’ai travaillé au Musée d’Art moderne de la ville de Paris comme stagiaire…puis au sein de plusieurs maisons d’édition et galeries, et après cela pendant cinq ans comme directrice au Guide Mayer… En 2008, j’ai ouvert les portes de ma galerie…

Mais encore…Parle-nous aussi de ce qui t’a menée d’une ville associée à la « séduction » (Casanova, les gondoliers, le Pont des Soupirs etcetera) à une autre (Paris), également romantique…
A mon regard, il n’y a rien de plus séduisant que l’élégance… Venise c’est une ville de Palais, de mystères et d’élégance, Paris c’est la même chose, avec son charme infini, baigné de champagne et de raffinement…

De ton regard d’enfant sur Venise…
Mon regard d’enfant sur Venise est merveilleux, Venise c’est une ville magique pour un enfant…J’ai pu depuis mon plus jeune âge rentrer toute seule de l’école ; il n’y a pas beaucoup de dangers à Venise, puisqu’il n’y a pas de voitures, et peu de criminalité. Pour moi, cela évoque une grande sensation de liberté et d’espace ; je jouais sur les campi avec mes copines, et parfois ma maman me regardait par la fenêtre…mais parfois aussi je pouvais me balader toute seule sans voir personne, car à Venise juste à côté des axes principaux, il y a une infinité de petites calli, et des campi complètement vides, où on peut s’asseoir sur une marche, et penser toute seule…

De ton regard de femme sur Paris…
Mon regard de femme sur Paris consiste à retrouver cette même liberté… à Paris, comme à Venise, on peut plonger en soi-même, et se perdre dans la ville… L’élégance parisienne est dans la discrétion ; dans la beauté un peu « délavée » de certaines femmes malgré cela toujours magnifiques ; dans la modération du ton ; dans les grandes avenues parisiennes ; dans le Marais, plus intime…et dans les restaurants étoilés…

Et, de ton regard de femme, sur Venise…
L’élégance vénitienne est dans les Palais, dans les fêtes masquées très privées ; l’élégance vénitienne est dans l’habitude du beau, du très beau, du tellement beau que le reste du monde paraît nouveau, « parvenu », d’une certaine manière…

Les artistes mentionnés dans ta dernière newsletter semblent tous avoir une approche à la fois conceptuelle et poétique
C’est vrai, et cela s’applique à Michelangelo Penso, vénitien comme moi…Je le connais depuis des années ; son travail s’inspire de la science ; il observe le monde de l’invisible, pour en faire des sculptures généralement de grandes dimensions, réalisées avec des matériaux à haute résistance, souvent dotés d’une forte malléabilité, qu’il récupère à Marghera (la zone industrielle de Venise, où il a son atelier)…

J’ai connu Michelangelo à l’âge de 17 ans, lorsqu’il était modèle au lycée des beaux-arts de Venise, et il était déjà le petit ami d’une de mes meilleures amies…Quand j’ai vu son travail artistique, j’ai été conquise dès le premier regard, et je me suis dit qu’un jour je voudrais avoir des pièces de lui, et il en fut ainsi, puisque j’ai acheté deux œuvres de Michelangelo, avant d’avoir ma galerie…

Michelangelo Penso

Qu’est-ce qui te séduit de prime abord, à propos de la démarche des artistes que tu exposes ?
Sa puissance, son intelligence et son Univers. Un tout nouvel artiste vient de rejoindre l’équipe de la galerie…Il s’agit d’Igor Eškinja, qui travaille beaucoup sur la vision, en créant des espaces en trompe l’œil…J’aime aussi le travail de l’artiste autrichien, Fritz Panzer ; il dessine avec du fil de fer des sculptures s’inspirant de l’objet du quotidien, dans l’espace…

Tu évoques souvent la « sensibilité particulière » de ta galerie. Comment la définirais-tu ?
J’aime travailler avec des artistes qui ont une approche sensible à l’œuvre…Je crois encore que le rapport à une œuvre d’art doit passer par un impact émotionnel qui génère un questionnement, du plaisir, du « dérangement » aussi, si on veut, mais en tous les cas une émotion, en quelque sorte, et cela avant tout.

J’aime travailler avec des artistes profonds, ayant une grande maîtrise du médium qu’ils utilisent, et qu’ils le transforment en fonction de l’espace. J’aime bien que les artistes me fassent voir quelque chose que je n’aurais pas pu voir sans eux…qu’il m’apportent d’autres perspectives…d’autres points de vue inexplorés…ils sont comme la fée de Cendrillon…la courge devient un carrosse…!

En parlant de contes de fées et de princes charmants…Tu as épousé un Français. Que peux-tu nous dire de Patrice, de ce qui t’a plu en lui ?
Son domaine, c’est la physique quantique ; et Internet, aussi…Je l’ai connu lors d’une soirée ; je m’apprêtais à partir ; j’avais déjà ma veste et mon sac ; mais il m’a retenue et il m’a invitée à boire une coupe de champagne, avec une voix tellement charmante que je n’ai pas pu dire non…J’aime absolument tout de Patrice, c’est l’homme parfait pour moi, et un père merveilleux pour ses enfants.

Question subsidiaire : Comment une petite fille voit-elle les gondoliers ? Comment sont-ils « dans la vraie vie » ?
Alors là, je dois être sincère…! Les gondoliers sont vraiment les pires ringards de Venise ; ils sont vulgaires, incultes et, en plus, ils volent souvent les touristes…! Il y en a très peu, qui exercent bien leur métier… Franchement, c’est une catégorie de gens pas trop aimée par les Vénitiens…!


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